Introduction :
Concepts
L'organisation est vue comme une machine conçue pour atteindre des buts
prédéterminés.
Une préoccupation essentielle : les rapports
entre buts, structure et efficience.
Ce modèle repose sur :
- Rationalité
fonctionnelle : individus et tâches
s'ajustent selon un modèle fixe.
- Planification classique, gestion par
objectifs, RCB.
- Planification et
conception du travail séparés de l'exécution.
- Spécialisation
fonctionnelle : décomposition en divers éléments de la mission globale de
l'organisation.
- Organisation
hiérarchique des postes de travail : principe
du contrôle des différentes parties effectué par la hiérarchie plutôt
qu'intégré aux parties elles-mêmes.
- Déshumanisation :
modelage des individus pour qu'ils
s'adaptent à la machine et limitation du développement des capacités humaines.
L'organisation est vue comme un système vivant placé dans un environnement
dont il dépend pour satisfaire ses divers besoins.
Une préoccupation essentielle : survivre et se développer.
Ce modèle repose sur :
- L'approche
socio-technique : les employés sont des
êtres humains dotés de besoins complexes devant être satisfaits pour qu'ils
mènent une vie saine et soient efficaces. Ils sont une ressource.
D'où : introduction
des concepts de motivation, d'intégration des besoins des individus à ceux des
organisations, d'enrichissement des tâches, d'encouragement à la prise de
responsabilité, à l'auto-contrôle, à la création. Instauration de la gestion des ressources humaines.
- La théorie des
systèmes : l'organisation est située
dans un environnement et doit s'efforcer de percevoir les changements de
cet environnement et les interdépendances pour élaborer des réponses
stratégiques.
L'organisation est conçue comme un
ensemble de sous-systèmes reliés entre eux.
On tente de trouver des similitudes entre différents systèmes et de parvenir à
une harmonisation entre types de sous-systèmes (humain, technique, structurel,
stratégique).
- La théorie de la
contingence : comment adapter l'organisation à l'environnement.
- L'existence d'une
variété d'espèces : cf. les 5 configurations de Mintzberg.
- L'idée de la
sélection naturelle ou écologie des organisations : limite la perspective de
l'adaptation en mettant l'accent sur les facteurs d'inertie, la limitation des
ressources et le rôle de l'innovation réussie.
L'organisation est vue comme un cerveau qui traite de l'information.
C'est un système de décision, de communication
et d'information.
Une préoccupation essentielle : traitement de l'information et
apprentissage.
Cette image repose sur :
- L'approche de la prise
de décision selon le modèle de rationalité limitée de H.Simon.
- L'analyse du
rapport entre incertitude, traitement de l'information et conception de
l'organisation (Galbraith).
- La cybernétique
et la distinction entre apprendre et "apprendre à apprendre" : remise
en cause de la norme.
- L'élaboration continue des plans d'actions
en analysant leur viabilité à l'épreuve des contraintes plutôt que la
définition de cibles claires prédéterminées (Ringi ou progrès permanent vs
approche occidentale).
- La constitution d'organisations
holographiques reposant sur l'introduction :
· du tout
dans les parties,
· de la
connectivité et de la redondance,
· de la
spécialisation et de la généralisation simultanées,
· de la
capacité à s'auto-organiser.
Ceci suppose :
· une
redondance des fonctions,
· la
variété requise,
· l'apprentissage
de l'apprentissage,
· la
spécification critique minimale des actions.
Comment développer
l'approche de l'apprentissage ? :
· encourager
l'ouverture d'esprit et l'acceptation de l'erreur et de l'incertitude,
· explorer
différents points de vue,
· choisir
des limites plutôt que des buts à atteindre.
L'organisation est vue comme une réalité sociale maintenue par des cultures
composées d'idées, de valeurs, de normes, de rites et de croyances.
Une préoccupation essentielle : construire des
systèmes de signification commune.
D'une part l'organisation suit des normes et des
coutumes sociales, d'autre part, elle produit et structure en partie sa réalité
sociale en établissant des schémas d'interprétation communs qui créent des
significations communes.
Les aspects les plus rationnels de la vie
organisationnelle sont l'expression de modèles de signification subjective et
symbolique.
Les gestionnaires sont perçus comme acteurs
symboliques chargés d'encourager et de développer des modèles de croyance
souhaitables.
La
fonction de direction est vue ici comme fonction de gestion de la signification.
On peut
créer une activité organisée en influençant le langage, les normes, le folklore
et les pratiques qui véhiculent les idéologies, et les valeurs et croyances qui
guident l'action.
Les organisations choisissent et structurent leur
environnement ; elles leur donnent une signification.
L'organisation est vue comme un système de gouvernement mettant en jeu
divers principes politiques pour légitimer différents types de règles.
Une préoccupation essentielle : l'action
politique vue comme tentative de conciliation d'intérêts divergents par la
consultation et la négociation.
Autocratie
: "nous allons faire comme cela"
Bureaucratie
: "nous sommes censés faire comme cela"
Technocratie
: "le mieux, c'est de faire comme cela"
Démocratie
: "comment allons nous faire ?"
Toute
activité organisationnelle est fondée sur des intérêts.
Le concept de rationalité utilisé pour décrire
les buts de l'organisation ou fonder des décisions est pris comme une ressource
que l'on utilise à des fins politiques.
Trois visions du
pouvoir :
1. Vision
pluraliste : équilibre et coordination des intérêts des membres de l'organisation.
2. Vision unitaire :
intérêts de l'individu confondus avec les intérêts de la société.
3. Vision radicale
: intérêts de classe en conflit donnant lieu à des clivages sociaux profonds.
L'organisation est vue comme une prison du psychisme.
Une préoccupation essentielle : conquérir le
savoir, éviter l'auto-enfermement.
Mythe
de la caverne (Platon)
Le
Piège de façons de penser adoptées une fois pour toutes :
- Piège du succès (ce qui a marché,
marchera !))
-
Institutionnalisation de l'inefficience : créer
des certitudes, intégrer des marges d'erreur.
- Piège de l'effet de groupe : la pensée de
groupe, l'auto-affirmation, les accords tenus pour acquis.... entraînent la
perte de l'esprit critique.
Mécanismes de défense d'un groupe contre
l'angoisse (Klein) :
- dépendance vis à vis de l'image d'un chef,
- couplage : un
personnage messianique va délivrer le groupe,
- attaque-fuite : projection des peurs sur un
ennemi.
L'organisation est vue comme un ensemble de flux et de transformations.
Logique du changement
Théorie de l'autopoïèse ("forme")
L'environnement
fait partie du système lui-même
: l'interaction entre les deux n'est qu'un reflet, une partie de sa propre
organisation destinée à faciliter son auto-production (ex : automobile et ses
réseaux de partenaires)
Les systèmes vivants sont considérés comme clos,
autonomes et auto-référentiels, ce qui leur permet de conserver des modèles de
relations stables.
On ne peut définir où commence ni où finit un
système ; il est une boucle close d'interaction.
Un changement dans un sous-système peut changer
tous les autres.
L'évolution
des systèmes vivants est le résultat de changements engendrés au plan interne.
Cette image, parfois appelée "vue
Marxiste", met en valeur les aspects “exploitation”
de l’organisation.
L’organisation est conçue pour employer toutes
les communautés, et développer les pays pour achever ses propres buts.
La domination
explique la croissance des unions travaillistes et la promulgation de lois pour
contrôler les activités de l’organisation.
Les travailleurs, par exemple, seront traités
comme un produit pouvant être acheté et vendu (la "main d'oeuvre").
Même si les dirigeants peuvent avoir de bonnes
intentions, la poursuite intéressée des buts organisationnels peut causer pollution, maladies professionnelles
(amiante), dépossession de la terre et des façons traditionnelles de vivre dans
les pays développés, accidents
industriels, et renvoi des employés
vieillissants....
Article : « Les valeurs et la pratique : un léger décalage »