Introduction : Concepts

 

 

 

G. Morgan "Images de l'organisation"  - EKSA

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


L'Organisation en tant que Machine

 

L'organisation est vue comme une machine conçue pour atteindre des buts prédéterminés.

 

Une préoccupation essentielle : les rapports entre buts, structure et efficience.

 

 

Ce modèle repose sur :

 

- Rationalité fonctionnelle : individus et tâches s'ajustent selon un modèle fixe.

 

- Planification classique, gestion par objectifs, RCB.

                        

- Planification et conception du travail séparés de l'exécution.

 

- Spécialisation fonctionnelle : décomposition en divers éléments de la mission globale de l'organisation.

 

- Organisation hiérarchique des postes de travail : principe du contrôle des différentes parties effectué par la hiérarchie plutôt qu'intégré aux parties elles-mêmes.

 

- Déshumanisation : modelage des individus pour qu'ils s'adaptent à la machine et limitation du développement des capacités humaines.

 

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L'Organisation en tant qu'Organisme

 

L'organisation est vue comme un système vivant placé dans un environnement dont il dépend pour satisfaire ses divers besoins.

 

Une préoccupation essentielle : survivre et se développer.

 

Ce modèle repose sur :

 

- L'approche socio-technique : les employés sont des êtres humains dotés de besoins complexes devant être satisfaits pour qu'ils mènent une vie saine et soient efficaces. Ils sont une ressource.

 

D'où : introduction des concepts de motivation, d'intégration des besoins des individus à ceux des organisations, d'enrichissement des tâches, d'encouragement à la prise de responsabilité, à l'auto-contrôle, à la création. Instauration de la gestion des ressources humaines.

 

- La théorie des systèmes : l'organisation est située dans un environnement et doit s'efforcer de percevoir les changements de cet environnement et les interdépendances pour élaborer des réponses stratégiques.
L'organisation est conçue comme un ensemble de sous-systèmes reliés entre eux.
On tente de trouver des similitudes entre différents systèmes et de parvenir à une harmonisation entre types de sous-systèmes (humain, technique, structurel, stratégique).

 

- La théorie de la contingence : comment adapter l'organisation à l'environnement.

 

- L'existence d'une variété d'espèces : cf. les 5 configurations de Mintzberg.

 

- L'idée de la sélection naturelle ou écologie des organisations : limite la perspective de l'adaptation en mettant l'accent sur les facteurs d'inertie, la limitation des ressources et le rôle de l'innovation réussie.

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L'Organisation en tant que Cerveau

 

L'organisation est vue comme un cerveau qui traite de l'information.

C'est un système de décision, de communication et d'information.

 

Une préoccupation essentielle : traitement de l'information et apprentissage.

 

Cette image repose sur :

 

- L'approche de la prise de décision selon le modèle de rationalité limitée de H.Simon.

 

- L'analyse du rapport entre incertitude, traitement de l'information et conception de l'organisation (Galbraith).

 

- La cybernétique et la distinction entre apprendre et "apprendre à apprendre" : remise en cause de la norme.

 

- L'élaboration continue des plans d'actions en analysant leur viabilité à l'épreuve des contraintes plutôt que la définition de cibles claires prédéterminées (Ringi ou progrès permanent vs approche occidentale).

 

- La constitution d'organisations holographiques reposant sur l'introduction :

·      du tout dans les parties,

·      de la connectivité et de la redondance,

·      de la spécialisation et de la généralisation simultanées,

·      de la capacité à s'auto-organiser.

 

Ceci suppose :

 

·      une redondance des fonctions,

·      la variété requise,

·      l'apprentissage de l'apprentissage,

·      la spécification critique minimale des actions.

 

Comment développer l'approche de l'apprentissage ? :

 

·      encourager l'ouverture d'esprit et l'acceptation de l'erreur et de l'incertitude,

·      explorer différents points de vue,

·      choisir des limites plutôt que des buts à atteindre.

 

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L'Organisation en tant que Culture

 

L'organisation est vue comme une réalité sociale maintenue par des cultures composées d'idées, de valeurs, de normes, de rites et de croyances.

 

Une préoccupation essentielle : construire des systèmes de signification commune.

 

D'une part l'organisation suit des normes et des coutumes sociales, d'autre part, elle produit et structure en partie sa réalité sociale en établissant des schémas d'interprétation communs qui créent des significations communes.

 

Les aspects les plus rationnels de la vie organisationnelle sont l'expression de modèles de signification subjective et symbolique.

Les gestionnaires sont perçus comme acteurs symboliques chargés d'encourager et de développer des modèles de croyance souhaitables.

 

La fonction de direction est vue ici comme fonction de gestion de la signification.

On peut créer une activité organisée en influençant le langage, les normes, le folklore et les pratiques qui véhiculent les idéologies, et les valeurs et croyances qui guident l'action.

 

Les organisations choisissent et structurent leur environnement ; elles leur donnent une signification.

 

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L'Organisation en tant que Système politique

 

L'organisation est vue comme un système de gouvernement mettant en jeu divers principes politiques pour légitimer différents types de règles.

 

Une préoccupation essentielle : l'action politique vue comme tentative de conciliation d'intérêts divergents par la consultation et la négociation.

 

Autocratie : "nous allons faire comme cela"

Bureaucratie : "nous sommes censés faire comme cela"

Technocratie : "le mieux, c'est de faire comme cela"

Démocratie : "comment allons nous faire ?"

 

 

Toute activité organisationnelle est fondée sur des intérêts.

 

Le concept de rationalité utilisé pour décrire les buts de l'organisation ou fonder des décisions est pris comme une ressource que l'on utilise à des fins politiques.

 

 

Trois visions du pouvoir :

 

1. Vision pluraliste : équilibre et coordination des intérêts des membres  de l'organisation.

2. Vision unitaire : intérêts de l'individu confondus avec les intérêts de la société.

 

3. Vision radicale : intérêts de classe en conflit donnant lieu à des clivages sociaux profonds.

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L'Organisation en tant que Prison psychique

 

 

L'organisation est vue comme une prison du psychisme.

 

Une préoccupation essentielle : conquérir le savoir, éviter l'auto-enfermement.

 

Mythe de la caverne (Platon)

 

Le Piège de façons de penser adoptées une fois pour toutes :

 

- Piège du succès (ce qui a marché, marchera !))

 

- Institutionnalisation de l'inefficience : créer des certitudes, intégrer des marges d'erreur.

 

- Piège de l'effet de groupe : la pensée de groupe, l'auto-affirmation, les accords tenus pour acquis.... entraînent la perte de l'esprit critique.

 

 

Mécanismes de défense d'un groupe contre l'angoisse (Klein) :

- dépendance vis à vis de l'image d'un chef,

- couplage : un personnage messianique va délivrer le groupe,

- attaque-fuite : projection des peurs sur un ennemi.

 

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L'Organisation en tant que flux et transformations

 

L'organisation est vue comme un ensemble de flux et de transformations.

 

Logique du changement

 

 

Théorie de l'autopoïèse ("forme")

 

L'environnement fait partie du système lui-même : l'interaction entre les deux n'est qu'un reflet, une partie de sa propre organisation destinée à faciliter son auto-production (ex : automobile et ses réseaux de partenaires)

 

 

Les systèmes vivants sont considérés comme clos, autonomes et auto-référentiels, ce qui leur permet de conserver des modèles de relations stables.

 

 

On ne peut définir où commence ni où finit un système ; il est une boucle close d'interaction.

 

Un changement dans un sous-système peut changer tous les autres.

 

L'évolution des systèmes vivants est le résultat de changements engendrés au plan interne.

 

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L'Organisation en tant qu'instrument de domination

 

Cette image, parfois appelée "vue Marxiste", met en valeur les aspects “exploitation” de l’organisation.

 

L’organisation est conçue pour employer toutes les communautés, et développer les pays pour achever ses propres buts.

 

 

La domination explique la croissance des unions travaillistes et la promulgation de lois pour contrôler les activités de l’organisation.

 

Les travailleurs, par exemple, seront traités comme un produit pouvant être acheté et vendu (la "main d'oeuvre").

 

 

Même si les dirigeants peuvent avoir de bonnes intentions, la poursuite intéressée des buts organisationnels peut causer pollution, maladies professionnelles (amiante), dépossession de la terre et des façons traditionnelles de vivre dans les pays développés, accidents industriels, et renvoi des employés vieillissants....

 

 

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Article : « Les valeurs et la pratique : un léger décalage »