L'interface au cœur du management

Les entreprises changent, les hommes s'adaptent. Les managers ont de nouveaux profils à gérer et de nouveaux modes organisationnels à diriger. A l'heure actuelle, les entreprises reposant sur le modèle traditionnel monolithique* tendent à évoluer vers une forme plus éclatée et plus étendue, incluant l'ensemble des partenaires. Mondialisation oblige, les organisations se dispersent et s'évadent aux quatre coins de la planète.

L'entreprise devient un vaste réseau d'acteurs économiques réunis uniquement pour servir la cause commune. Les managers version XXIe siècle auront désormais à conduire des équipes multiculturelles et dispersées géographiquement. Et le secret de la réussite tient dans la force du projet commun défendu par l'entreprise et relayé par les managers. Ces derniers devront donc déployer des qualités d'interface nécessaires au bon fonctionnement de l'organisation.

L'organisation en réseau crée de nouveaux modes de travail.

Cela conduit les individus à être plus responsables, plus autonomes mais en même temps, cela crée du désordre. Et c'est la communication qui rétablit de l'ordre.  Dans un contexte plus complexe, le manager interface doit savoir souder une équipe, avec des valeurs communes, une finalité commune. Il est celui qui est porteur d'un sens commun. Et cela ne passe plus par une logique de commandement mais par la création d'un langage commun.

Il s'agit pour le manager d'impulser un mouvement fédérateur qui rassemble de nombreuses unités, dans un souci de cohérence. Ce qui induit de nouvelles relations humaines dans l'entreprise et une nouvelle valeur dans une structure en réseau, construite non plus sur la hiérarchisation, mais plutôt sur l'échange et la communication. L'entreprise n'est plus une mais multiple. Au manager de répondre aux besoins d'identité et de reconnaissance de chacun, de construire des repères avec ses collaborateurs, d'être mobilisateur dans un environnement éclaté. Il doit faciliter le sentiment d'appartenance à l'entreprise.

Aujourd'hui, l'entreprise est composée de microstructures et pour gérer la complexité, le manager interface doit avoir une stratégie claire, transparente et cohérente.

Il doit aussi, pour entraîner l'adhésion, adopter une certaine éthique qui le rendra exemplaire. Il doit savoir créer de la valeur tout en sachant déléguer. Et déléguer efficacement suppose de savoir accepter la diversité et accepter l'identité de l'autre. Pour réussir, le manager doit savoir expliquer son projet et développer une grande écoute. Il donne aussi plus de poids à une politique contractuelle dans l'esprit "gagnant-gagnant". Il favorise l'initiative individuelle, renforce la responsabilisation des collaborateurs, générant ainsi plus de dynamisme et de créativité dans l'entreprise. Véritable chef d'orchestre, le manager interface motive, fédère, arbitre, décide tout en restant un membre du réseau de l'entreprise.

L'élément fondateur de sa fonction n'est plus le pouvoir*** mais ses capacités de communiquant et de leader. La communication apparaît donc comme la clé de voûte de l'organisation éclatée. Les échanges d'information sont plus nombreux et plus importants servis par des outils de plus en plus performants. La gestion de l'information est aussi une part importante de la fonction du manager interface, lui-même situé au coeur des flux d'informations. Cette nouvelle situation conduit à l'apparition  d'une méta-communication****, dont le but est de veiller à la bonne circulation de l'information. "Le manager interface génère une dynamique entre les différentes équipes et doit veiller au bon déroulement de la communication. Cela demande de la rigueur et de la discipline."

Figéco  (13/3/00)

Questions

1      * décrivez ce modèle en une dizaine de lignes

2      ** quelle est la place de l'éthique dans ce "réseau" ?

3     *** que devient le "pouvoir" ? préciser sa forme

4     **** commentez le nouveau rôle de la communication ; décrivez ce qu'est une "méta-communication"

 

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