Stratège et proche du terrain, le "supply chain
manager" optimise la gestion globale des flux, des matières
premières au client final.
"Directeur de la chaîne approvisionnement"
est ambigu, "gestionnaire de la chaîne logistique globale", trop long
et peu parlant, "directeur logistique", trop connoté transport et
stockage. Il en résulte un certain flou sur les contours du poste qui peut donc
recouvrir des réalités assez différentes d'une entreprise à l'autre.
Le métier trouve sa raison d'être dans la globalisation
des entreprises industrielles. Evoluant dorénavant sur des marchés mondiaux,
celles-ci prennent conscience des avantages que peut leur procurer une gestion
globale optimisée de leurs flux, depuis l'approvisionnement en matières
premières jusqu'à la distribution au consommateur final*.
On peut voir trois raisons à l'apparition de ce
métier :
- la première, c'est la recherche d'une plus grande productivité
qui a conduit les entreprises à s'attaquer aux fonctions horizontales**.
- la seconde raison, c'est la suite logique de la
démarche de qualité totale***.
- enfin, troisième raison, plus récente : pour
maximiser la rentabilité du capital, il faut réduire les frais financiers sur
les stocks et optimiser l'utilisation de l'outil industriel.
A ces raisons économiques, il convient d'ajouter un
facteur technologique : les progrès fulgurants de l'outil informatique, dont
les simulations sont indispensables à l'adoption d'une telle démarche. "Le
supply chain management" ne se réduit pas à un problème technologique.
Mais il est indispensable de bien comprendre en quoi les systèmes d'information
peuvent permettre de mettre en place un nouveau pilotage global des
flux".
Chargé d'optimiser ces flux, le "supply chain
manager" est un homme du compromis. Il doit en effet arbitrer sans cesse
entre les intérêts contradictoires des différents acteurs de la chaîne : la
vente, qui souhaite des stocks maximum, la production, qui voudrait faire du
mono-produit, le marketing, avide de nouveaux lancements... "Nous sommes
l'interface conflictuelle de tous ces intérêts-là . En tant que médiateurs de
la chaîne logistique globale, il nous faut prendre en compte les contraintes
des uns et des autres".
Pour corser le tout, le "supply chain
manager" ne dispose généralement d'aucun pouvoir hiérarchique sur ses
interlocuteurs. "Ce doit être un homme de dialogue, un pédagogue, un
négociateur qui sait s'effacer et permettre aux autres de s'approprier ses
idées".
Proche des réalités du terrain, le véritable
"supply chain manager" doit pourtant savoir prendre du recul.
"Trop souvent encore, les entreprises limitent la démarche à des projets
locaux. On cherche par exemple à mieux gérer le transport, puis la production.
Mais ce n'est pas Ùa qui justifie une "supply chain". La remise en
cause doit être plus profonde. Le "supply chain manager" doit pouvoir
projeter une vision opérationnelle à un niveau élevé dans l'entreprise".
Pour bien remplir sa mission, l'homme idéal sait donc
aussi se transformer en stratège et dépend directement de la direction
générale. Faut-il faire ou acheter ? Ou faut-il implanter tel entrepôt et telle
usine ? Sur quel marché s'approvisionner? Voilà quelques-unes des questions
auxquelles le "supply chain manager" doit être capable de répondre
pour que les choix stratégiques de l'entreprise intègrent les choix
logistiques.
"Une démarche de "supply chain"
débouche sur une organisation différente de l'entreprise.
Questions