Profits
à court terme et démotivation
La délégation devient manipulation si elle n'est pas
supportée par le respect de l'individu et la diffusion d'une philosophie de
challenge.
Durant la décennie qui vient de s'écouler, des investisseurs étrangers
ont pris le contrôle* d'un grand nombre d'entreprises françaises.
Beaucoup de patrons ont donc été contraints d'augmenter la rentabilité**
et de mettre "sous pression" leurs collaborateurs.
Malheureusement, lorsqu'une entreprise grandit, les chevauchements de responsabilités
se multiplient et il est alors difficile pour les individus de maîtriser toutes
les variables qui serviront à les juger.
Si leurs supérieurs les jugent sur les résultats chiffrés sans trop se
préoccuper des efforts déployés, alors le système de contrôle favorisera
l'émergence d'un management déshumanisé, qui démobilisera les individus et
débouchera probablement sur des résultats opposés à ceux recherchés.
Les grandes entreprises seraient-elles donc condamnées à choisir entre
le laisser-faire, générateur de déficits susceptibles de décourager les
actionnaires étrangers, et le management que certains qualifieront de
participatif, mais qui pourrait aisément déboucher sur le stress, la
démobilisation des collaborateurs et donc, à terme, sur la dégradation des
résultats ? ***
Peut-être pas, car il existe d'autres alternatives aux deux scénarios
précédents.
La première constitue le rêve de nombreux présidents. Elle consiste à
faire éclater l'entreprise en unités à taille humaine bénéficiant d'une grande
autonomie et dirigées par des hommes ou des femmes possédant le profil des
entrepreneurs. Le coût d'une telle solution fait hélas reculer
beaucoup de patrons.
La seconde alternative repose très largement sur les qualités du
dirigeant qui doit comprendre que la délégation devient manipulation si elle
n'est pas supportée par deux philosophies : le respect de l'individu et la
diffusion d'une philosophie de challenge.
=> cela signifie par conséquent le suivre attentivement, le
conseiller, l'aider à progresser.
=> cela suppose que leur patron les aide à se respecter eux-mêmes et
qu'il maîtrise l'art de communiquer.
R. Papin, Figeco 08/03/99
Questions
1- *comment "prendre le contrôle" ?
2- ** pourquoi faut-il "augmenter la rentabilité" ?
3- *** ce dilemme est-il inéluctable ?
4- pourquoi est-il coûteux d'éclater l'entreprise en "unités à
taille humaine" ?
5- décrivez "l'utopie" de la 2nde alternative.