QU'EST-CE QUE L'ORGANISATION ?
1 - Des idées fausses (une image biaisée par l'histoire)
L'organisation ce n'est pas...
Ni seulement, ni même nécessairement, une activité au service de la réduction des effectifs,
Une fonction qui vise, fondamentalement, à mettre de l'ordre (être “ très organisé ”, ce n’est pas toujours être “ bien organise ”. On peut même définir l’organisation comme étant “ le maximum de désordre qui ne nuit pas à la réalisation des objectifs visés"),...
Une formalisation détaillée, rigidifiante, de ce que les opérateurs doivent faire et de comment il faut qu'ils le fassent (rédaction de procédures,…),
Un métier dont la finalité est repressive, parce qu'il vise à instaurer des obligations, et faire en sorte que tout s'y conforme,… qui est donc fondé sur le contrôle (avec chronométrage), le maintien de l’ordre ou la remise en ordre.
Au contraire, actuellement, les interventions d’organisation visent souvent la mise en place de changements.
L'organisation c'est partout, y compris dans la vie personnelle privée (vie domestique, sport, vacances…)
2- L'organisation c'est donc l'utilisation (la combinaison) optimale des moyens dont on dispose, ou que l'on est susceptible de se procurer, ... pour atteindre les buts que l'on se fixe.
Son rôle est ainsi de contribuer à "la subordination des moyens aux fins"
Elle est donc "contingente" (il n'y a pas d'organisation idéale, dans l'absolu). Tout dépend des buts visés et du contexte auquel on est confronté (cf. avantages respectifs de "l'intégration" et de "la différenciation", identifiés par Lawrence et Lorsch).
L'organisation vise donc l'efficacité (ou l'"efficience"), c'est-à-dire non seulement l'atteinte des résultats recherchés ("effectiveness"), mais la performance, par l'obtention du meilleur rapport possible entre résultats obtenus et l'économie des "dépenses" (ressources engagées et efforts effectués).
L'ORGANISATION, D'OU CA VIENT ?
Les moyens que l’organisation combine sont à la fois :
humains (des effectifs, des connaissances et qualifications,… mais aussi des motivations, de l’énergie et des relations de groupe…),
matériels (des matériaux, composants ou informations, des locaux, des équipements, outils, machines,…)
financiers (des budgets,… ainsi que du temps,…),
…et les buts que l’organisation peut se fixer, peuvent être :
technologiques (mettre en place de nouveaux instruments ou un nouveau dispositif,…),
économiques (accroître la productivité, la rentabilité,…),
ou même sociaux (développer le confort des opérateurs, consolider leurs compétences, renforcer leur dynamisme, faciliter leur coopération,…)
Historiquement, que ce soit dans l'industrie ou le tertiaire, les buts de réorganisations ont d'abord été technologiques, puis économiques,... tandis que ce qui a été considéré comme les moyens à optimiser a été, classiquement, la main d'œuvre et éventuellement les outils techniques.
LE TAYLORISME
Cette approche de l’organisation développée au début du vingtième siècle, qui a permis le développement de la production de masse et, donc, de la « société de consommation », a beaucoup marqué l’histoire et l’image de l’organisation. Le taylorisme était caractérisé par :
la séparation entre les fonctions de conception de la façon de faire (agents des méthodes,…) et l’exécution du travail,
la décomposition des postes en tâches élémentaires,
la dépendance de la machine (travail à la chaîne),
la stimulation par la surveillance étroite du respect des consignes,… et la rémunération “ à la pièce ”,…
Le taylorisme est aujourd’hui clairement dépassé,…
…notamment du fait de son ignorance des facteurs de motivation (qui se traduit par l’absentéisme , la dégradation de la qualité et même le “ coulage ”),…
…même s’il nous a beaucoup appris sur les conditions pour réussir à développer une production de masse, avec des agents de faible qualification, fondement de la “ société de consommation ”.
L'ORGANISATION, A QUOI CA SERT ?
Son rôle central est de contribuer à la lutte contre l'entropie, c’est-à-dire contre le vieillissement naturel de tous les organismes vivants (par sédimentation progressive d’éléments qui ont cessé d’être utiles, compte tenu des évolutions de l’environnement), phénomène qui conduit à leur inadaptation croissante, jusqu’à leur disparition.
L'organisation est donc, principalement, la remise en cause de ce qui est (devenu) inutile, avec le temps (cf. “ grand nettoyage de printemps ” de nos placards).
Ainsi, l'organisation a-t-elle à optimiser la disposition des moyens, par rapport aux finalités... mais aussi à mener à bien des modifications innovantes, à chaque fois que c’est utile
Ceci explique la demande actuellement croissante d'organisation, induite par un monde contemporain, caractérisé par :
des confrontations concurrentielles qui s’intensifient, nécessitant le renforcement de sa compétitivité,
des exigences qualitatives accrues,
un univers où les découvertes scientifiques qui se multiplient induisent des changements accélérés et une complexité croissante, qui supposent la mise en place de multiples régularisations décentralisées,...
LA MUTATION FONDAMENTALE DU DEBUT DU VINGT ET UNIEME SIECLE
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L'ORGANISATION, DE QUI CA RELEVE ?
C’est, de plus en plus, l’affaire des opérationnels :
c’est une des fonctions essentielles du management (cf. Fayol),
Ce peut être une tâche confiée, au moins en partie, aux salariés (auto-organisation).
Ce qui transforme le rôle des fonctionnels spécialisés, qui deviennent principalement chargés de :
réaliser des études (les opérationnels n’en ont pas le temps),
inciter, accompagner et faciliter le travail des responsables opérationnels,
coordonner des actions, conduire des projets complexes.
Il incombe alors aux organisations d'exercer "un pouvoir d'influence", fondé sur leur crédibilité et leurs attitudes (faites à la fois de disponibilité et d’assurance).
Il est déterminant, pour cela, que les organisateurs soient bien conscients qu’ils ne sont pas seulement charges de l'étude et la conception de nouvelles organisations,...
…mais qu’il est au moins aussi important qu’ils agissent en animateurs... de la réalisation (et, donc, de la “ vente ”) de changements.
Dans cette aide à l’encadrement opérationnel, les spécialistes en organisation peuvent se trouver en concurrence avec d’autres fonctionnels, dont les métiers sont convergents (marketing, contrôle de gestion, gestion des ressources humaines, audit interne,…).
Il leur revient de contribuer à l’instauration d’une collaboration et coordination optimale entre “ experts ” (clarification des rôles respectifs des uns et des autres et détermination des conditions d’une bonne coopération entre tous).
Ainsi, à divers titres, l’organisateur est-il, constamment, en position de devoir concilier des intérêts divergents.
LE CHAMP DE L’ORGANISATION
LE ROLE ET LA PLACE DE L’ORGANISATION

L’ORGANISATION, FONCTION DU MANAGEMENT
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D’où une évolution des rôles des fonctionnels, vers des missions de détection des insuffisances, d’incitation, d’étude, d’aide et de coordination… pluri-disciplinaires.